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Gisement paléontologique
Le gisement paléontologique de Saint-Vallier se situe sur le plateau de Montrebut. Il est internationalement connu pour ses vertébrés fossiles, la communauté scientifique l’ayant choisi comme référence internationale pour les animaux de la tranche de temps appelée en géologie le « Villafranchien moyen », qui a duré environ de 2,4 à 1,9 millions d’années.
Découvert en 1855, le site a été fouillé une première fois de 1946 à 1956, par Jean Viret, Professeur à la Faculté des Sciences de Lyon, qui en a fait connaître la richesse paléontologique exceptionnelle dans un ouvrage paru en 1954 (1).
La fouille a été reprise de 1993 à 1999 par une équipe dirigée par Martine Faure et Claude Guérin, de l’Université de Lyon, dans le but de mieux connaître le site et d’en comprendre la formation. Les résultats des nouvelles recherches ont été publiés en 2004 (2).
Au total une quarantaine d’espèces de mammifères ont été découvertes, parmi lesquelles le mastodonte arverne, le mammouth méridional, le rhinocéros étrusque, un sanglier, des antilopes dont une gazelle, un boeuf sauvage, trois espèces de cerfs, des chevaux sauvages, des carnivores comme deux espèces de machairodontes, deux espèces d’hyènes, l’ours arverne, une panthère, un guépard géant, un lynx, un chien-raton, des loutres et deux espèces de castor ; des insectivores et des petits rongeurs ont également été recueillis ainsi qu’une dizaine d’espèces d’oiseaux. De nouvelles espèces ont pu être définies à partir de certains de ces fossiles. L’ensemble a permis de reconstituer le paléoenvironnement d’il y a environ 2 millions d’années. Des grains de pollens fossiles contribuent aussi à montrer que le climat de l’époque était relativement humide et tempéré.
Ces fossiles se trouvaient dans deux couches géologiques superposées qui sont des bancs de loess durcis, l’essentiel provenant de la couche supérieure.
La datation de ces fossiles a été obtenue par biochronologie et par résonance paramagnétique électronique sur émail dentaire, elle a été confirmée par la présence de téphras, des projections volcaniques issues du Mont Dore, dont l’âge est connu par ailleurs.
Cette accumulation d’ossements s’est constituée naturellement sur la rive du Paléo-Rhône et n’est pas due aux hommes fossiles dont la présence en Europe occidentale à cette époque n’est pas démontrée.
Les fossiles de Saint-Vallier sont actuellement conservés au Muséum d’Histoire naturelle de Lyon et dans le Service des Collections de l’U.F.R. des Sciences de la Terre de l’Université Claude Bernard - Lyon I.
1- VIRET J., 1954, Le loess à bancs durcis de Saint-Vallier (Drôme) et sa faune de mammifères villafranchiens, Nouvelles Archives du Museum d’Histoire naturelle de Lyon, fasc. 4, 200 p. , 43 fig., 33 pl.
2- FAURE M. & GUERIN C. (Edit.), 2004, Le gisement pliocène final de Saint-Vallier (Drôme, France), Géobios, Lyon, mémoire spécial n° 26, vol. 37, 360 p.
Martine Faure & Claude Guérin, UMR 5125 du CNRS.
1ère photo : Crâne d’un Carnivore machairodonte (Megantereon cultridens), fouille J. Viret. 
2ème photo : Ossements d’un grand cerf (Eucladoceros ctenoides) et crâne d’un blaireau (Meles thorali), en cours de dégagement, fouille 1999.

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